Rien d’original dans ce qui va suivre mais simplement l’adaptation de ce qui se fait sur le net pour développer l’impact des activités des théâtres sur le net.

Après avoir regretté une présence molle du théâtre sur le net, malgré quelques tentatives et réussites importantes, je profite d’être un peu à la croisée de nombreuses expériences pour exposer des possibles d’actions pour que le théâtre puisse faire une communication sur le web.

Comme dans l’article précédent, on peut regretter un profond mépris du théâtre pour le web, ou du moins une impression de mépris. De nombreuses personnes pensent encore que le web n’a aucun intérêt. Pire, je pense, elles en sont encore à pleurer parce que les médias comme la télévision et de plus en plus la presse ne s’intéressent plus au théâtre. Je ne reviendrais pas sur ces points abordés précédemment.

Le théâtre a pourtant sous la main un outil qui lui permettrait, non pas de se passer de ces médias, mais de les court-circuiter sérieusement. Et ce grâce à des outils gratuit mais qui demande un peu de temps - et c’est sans doute ça qui freine le théâtre, à tort selon moi.

Pour commencer, je vais dire une évidence pour tous ceux qui travaille dans le web : si une entreprise veut mettre en place un site web dynamique et vivant, il lui faut au moins un employé à plein temps sur ce travail. Donc le premier pas à franchir pour ces nombreux théâtre absent du web, du moins présent avec un site vitrine sans grand intérêt, c’est de créer un poste au minimum pour animer leur site. 
(Le travail pour ce ou ces postes consiste à faire vivre le site principal en y mettant régulièrement à jour les contenus et, quand cela est possible, en améliorant la navigation et l’ergonomie du site. Comme le souligne le commentaire de Yves "Un site bien conçu et très vivant reste, à mon avis, la clé de la réussite sur le web." et je suis complètement d’accord avec lui. Ce que je traite dans cet article est en plus de ce minimum qui prend déjà du temps et ne comblera pas le vide d’un site vitrine en bombardant les réseaux sociaux d’invitations à des événements dont on ne trouve aucun contenu ensuite, ni aucun compte rendu...)

Ensuite, essayons de réfléchir un peu loin qu’une simple animation que je nommerais de minimum pour un site dynamique aujourd’hui, c’est-à-dire mise en ligne de textes, de vidéos, de photos et en reprenant un principe de blog, la mise en place de journaux en ligne sur des créations, des accueils de spectacles...

Nous allons envisager la communication autour des diverses activités d’un théâtre par le biais de plusieurs outils très connus : twitterfacebook,dailymotion/youtube/vimeo ainsi qu’un site dynamique (rien de nouveau encore une fois, mais il s’agit plutôt de le faire entendre). Je n’invente rien ici mais reprends simplement des idées reprises ici ou là.

Pour la structure, il s’agit de créer un compte sur chacune des plates formes citées et ensuite de travailler sa communication en faisant circuler les informations d’une plate forme à une autre - un des objectifs étant d’amener les internautes sur le site officiel mais pas nécessairement et un des autres objectifs étant bien entendu de faire venir les internautes au théâtre !!!

Le premier point important est de ne pas mettre sur les plates formes les mêmes informations mais de définir ce qu’il semble intéressant d’y mettre en fonction de ce qu’elles sont - ça semble bigrement logique. 
Pour les 3 plates formes de vidéos, c’est un peu différent car l’important c’est de diffuser des vidéos (extraits de spectacles durant moins de 3 minutes, entretiens avec les artistes, présentations de saison etc.). Pour les vidéos, il faut au contraire diffuser les mêmes contenus sur les plates formes pour simplement y être et intéresser les différentes communautés. Je n’ai citer que 3 plates formes mais il y en a d’autres, il s’agit de choisir celles qui semblent les plus intéressantes. Pour ma part j’ai mis Dailymotion et Youtube car elles sont les plus importantes et Viméo pour la discrétion de player qui ne viendra pas faire tâche sur le site du théâtre avec trop de pub et de logo.

Pour commencer, twitter est un outil apparemment simple mais qui nécessite une pratique que je n’ai pas encore. L’intérêt de twitter est de pouvoir diffuser à une large communauté de courtes informations et des liens. L’effet peut être multiplier si d’autres employés du théâtre s’y mettent aussi et participe personnellement à la diffusion (cela est valable aussi pour facebook). 
On peut utiliser twitter pour annoncer une conférence de presse avec un artiste attendu, ou la présence d’un artiste dans un lieu public pour rencontre organisée rapidement et donc non prévue par des programmes publiés des mois plus tôt. Que sais-je encore !

Facebook aujourd’hui, c’est aussi une très grande communauté. Là, par le biais de comptes personnels, le théâtre peut créer une entité ou un groupe. Encore une fois, la simple accumulation des informations se trouvant déjà sur le site n’est pas suffisant... mais peut-être quand même bien utile en premier temps. Ensuite, on peut par exemple reprendre en détail des informations envoyées sur twitter, mais je ne pense pas que ce soit la meilleure solution : ces informations doivent plutôt être développées sur le site principal. On peut quand même les faire apparaître dans la rubrique "événements" pour amener les personnes à y participer - de même récupérer un fil rss du site principal est aussi une bonne chose si ce fil est actif. 
Ce sur quoi les théâtres qui se lancent dans le web, c’est de bien réfléchir à la place des contenus. Si le théâtre ouvre un blog où interviennent en tant que rédacteurs des spectateurs avertis, ce blog pourra accueillir en plus des regards critiques de ces habitués, des comptes rendus sur des manifestations. Si le théâtre n’a pas de blog, Facebook peut être cet espace où on peut lire ces comptes rendus, ces avis. On peut imaginer en plus des galeries de photos des rencontres avec les artistes, etc.

Par rapport aux photographies, suivant le temps et l’équipe impliquée à plein temps ou partiellement sur le web, il peut aussi être intéressant d’ouvrir un compte sur flickr ou des plates formes dans le même genre. Bien entendu, il ne faut pas y mettre des photographies de spectacles réalisées par des photographes professionnels - il ne s’agit pas se retrouver avec des problèmes de droits d’auteur... 
Les photographies peuvent être prises par des employés ou des habituées du théâtre lors de conférences, de rencontres, d’événements exceptionnels. Leur intérêt n’est pas d’être de superbes photographies artistiques (même si on peut avoir des surprises) mais d’être des témoignages de la vie qui s’y passe.

Quel intérêt ? 
Si les théâtres n’en voient pas l’intérêt, je ne sais quoi leur répondre tellement ça me désespère, mais qu’ils ne s’étonnent pas d’être mal appréhender par les populations qu’ils sont sensés toucher. 
Certes, les communautés qui s’expriment sur le web ne représentent qu’une minorité de la population qui pourrait aller au théâtre, et cela semble beaucoup de temps donner pour peu de monde - sachant qu’en pourcentage les internautes à vraiment se déplacer au théâtre mais qui n’y serait pas aller sans le web serait sans doute pas très important. Du moins au début. Et même ! L’intérêt, me semble-t-il est tout autre : les employés s’investissant sur les réseaux sociaux participeront à la richesse de ces communautés en y amenant de la culture (pour ceux que ça intéresse). Et peut-être tendront à rendre leur structure moins froide et lointaine.

C’est un premier pas, et il y a certainement autre chose à y faire de plus novateur car, dans ce que je viens d’écrire, je ne parle pas de l’implication des artistes sur le web et de comment ils pourraient aussi y apporter des propositions artistiques qui donneraient aux structures un rôle encore plus fort et plus passionnant...

Contrairement à l’article précédent (lire l’article), il me semble que pour une compagnie de théâtre, l’intérêt est plus limité sauf si elle propose une actualité très régulière sur un territoire donné (ville et ses environs, éventuellement département). Une compagnie de théâtre ayant une activité normale (une création tous les deux ans, des ateliers avec présentation ou non) a déjà suffisamment de travail pour alimenter leur site et éventuellement un blog qui y serait attaché. La force de frappe entre lieu et une compagnie n’est pas comparable.

Pourtant, comme je l’avais mentionné, les compagnies sont plus investies sur le web, dépassent souvent la simple vitrine pour tenter de créer autour de leur structure (généralement associative) une communauté, d’abord dans le monde réel et éventuellement sur le net. Les réseaux sociaux devraient vite devenir un espace pour les compagnies, à elle de trouver la manière la plus juste de s’y mettre.

(à suivre)